al masjid ul haram : la Grande Mosquée de La Mecque, cœur de l’islam
Al Masjid ul Haram est la Grande Mosquée de La Mecque, sanctuaire autour de la Kaaba, cœur spirituel de l’islam.
- Kaaba : quasi-cube de 15 m de haut, 145 m².
- Pierre noire : point de départ du tawaf, à 1,5 m du sol.
- Kiswah : drap noir brodé d’écritures dorées, renouvelé chaque année.
- Première construction formelle en 638, sous le calife Omar.
- Expansion majeure sous al-Mahdi en 779 : 28 000 m².
La Kaaba et ses éléments sacrés
La Kaaba est le point vers lequel se tournent chaque jour des millions de musulmans pour la prière. Ce sanctuaire se présente comme un quasi-cube de 15 mètres de haut, dont la base mesure environ 10,5 × 12 mètres, pour une superficie totale de 145 m². Sa silhouette sobre et puissante structure tout l’espace de la Grande Mosquée.
Autour d’elle, plusieurs éléments sacrés participent au rite et à l’histoire du lieu. Chacun possède sa fonction et sa symbolique propre, que le pèlerin découvre souvent dès son arrivée dans le mataf.
- La Kaaba : édifice cubique de 15 m de haut, cœur spirituel du sanctuaire.
- La Pierre noire : incrustée dans le coin est, à environ 1,5 m du sol, point de départ du tawaf.
- Le kiswah : drap noir orné d’écritures coraniques dorées qui recouvre la Kaaba.
- Le Hijr Ismaïl : demi-cercle situé au nord de la Kaaba, associé à la mémoire d’Ismaïl.
- Le Rukn al-Yamani : coin sud-ouest, avant la Pierre noire dans le sens du tawaf.
La porte de la Kaaba se situe en hauteur, avec 318 cm de haut et 171 cm de large, ce qui la rend inaccessible au niveau du sol. Le revêtement du kiswah est renouvelé chaque année, et ses broderies dorées constituent un travail d’artisanat remarquable.
Ces éléments ne sont pas de simples décors : ils guident les gestes du pèlerin. La Pierre noire marque le début et la fin de chaque circumambulation, tandis que le Hijr Ismaïl et le Rukn al-Yamani rythment le parcours autour du cube sacré.
Histoire et origines de la Grande Mosquée

La Grande Mosquée de La Mecque ne s’est pas construite en un jour. Autour de la Kaaba, le sanctuaire s’est agrandi au fil des siècles, porté par les califes puis par les rois d’Arabie saoudite. Sa première construction formelle remonte à l’an 638, sous le calife Omar.
| Période ou calife | Année | Superficie atteinte |
|---|---|---|
| Omar, première expansion | 637 | 1 500 m² |
| Omar, fin des travaux | 638 | 3 600 m² |
| Ibn al-Zubayr | 682 | 7 465 m² |
| Calife al-Mahdi | 779 | 28 000 m² |
Les grandes expansions successives
Chaque époque a laissé son empreinte. Les Omeyyades doublent presque la surface existante, puis les Abbassides lui donnent une ampleur nouvelle sous al-Mahdi. Bien plus tard, les Ottomans confient une rénovation majeure à l’architecte Mimar Sinan, vers 1570.
L’ère saoudienne et les événements marquants
L’ère saoudienne ouvre le chantier le plus vaste de son histoire, avec des extensions pilotées notamment sous le roi Fahd. La mosquée devient alors l’un des plus grands édifices religieux du monde. Cette histoire connaît aussi une page sombre : du 20 novembre au 4 décembre 1979, le sanctuaire est occupé pendant deux semaines par un groupe armé, un épisode qui a profondément marqué les esprits et renforcé les mesures de sécurité du site.
Architecture et structures notables
La Grande Mosquée de La Mecque n’est pas le seul lieu saint de l’islam à avoir connu des travaux d’envergure : la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, a vu sa façade actuelle refaite sous le calife fatimide al-Mustansir en 1065.
Minarets, portes et système sonore
- 13 minarets actuels dominent l’enceinte de la mosquée
- Premier minaret élevé sur ordre du calife al-Mansur en 139 de l’hégire
- 210 portes assurent l’accès des fidèles selon Visit Saudi
- 4 238 haut-parleurs composent le système audio de la mosquée
- Portée de 3,5 miles pour le son diffusé depuis le site
Mataf, Zamzam et Safa-Marwa
Autour de la Kaaba, le Mataf est l’aire circulaire dallée où se déroule le tawaf. Le puits de Zamzam se trouve à environ 20 m à l’est de la Kaaba, une proximité qui explique son rôle central dans la vie spirituelle du sanctuaire. Les deux collines de Safa et Marwa sont reliées par le couloir d’al-Mas’a, parcouru lors du sa’i en sept allers-retours.
La mosquée elle-même s’étend sur une superficie considérable, avec 224 escaliers et 2 964 toilettes répartis sur le site pour accueillir les foules. Le minbar en marbre, construit en 1423 AH, complète les structures notables de l’enceinte sacrée.
Le Maqam Ibrahim
Face à la porte de la Kaaba, un petit édifice protège l’un des rares vestiges historiques encore debout dans la mosquée : le Maqam Ibrahim. Il s’agit d’une pierre carrée abritée sous une enceinte dorée vitrée, que les pèlerins aperçoivent sans jamais toucher. La tradition y reconnaît les empreintes des pieds d’Ibrahim, laissées lors de la construction de la Kaaba avec son fils Ismaïl.
Ce lieu porte une forte charge spirituelle. Après chaque tawaf, il est recommandé d’accomplir deux unités de prière derrière le Maqam, en référence au verset coranique invitant à prendre la station d’Ibrahim comme lieu de prière. Sa position, à quelques mètres seulement de la Kaaba, en fait un point de repère immédiatement identifiable dans le Mataf.
Pour le visiteur, le Maqam Ibrahim se contemple sans s’arrêter devant : la foule du tawaf impose de circuler en continu. Son enceinte dorée, rehaussée et éclairée, reste visible de loin et permet de le distinguer sans difficulté au milieu de l’affluence.
Pèlerinage : hajj, omra et tawaf
Hajj et omra : calendrier et ampleur
Le hajj constitue l’un des cinq piliers de l’islam. Il se déroule chaque année au mois de Dhu al-Hijja, selon un calendrier lunaire qui le décale progressivement par rapport à l’année solaire. Les foules qui s’y rassemblent atteignent des proportions exceptionnelles : le hajj a réuni 5 millions de pèlerins sur une seule édition, un chiffre qui illustre l’ampleur du rendez-vous.
La omra, souvent appelée « petit pèlerinage », peut se réaliser toute l’année. Elle ne comporte ni les rites de Mina ni ceux d’Arafat, mais conserve l’essentiel : le tawaf autour de la Kaaba et le sa’i entre Safa et Marwa. Pour beaucoup de visiteurs, elle constitue une première découverte du sanctuaire.
Tawaf et sa’i : les sept circumambulations
- Sept tours antihoraires autour de la Kaaba, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre
- Départ de la Pierre noire, point de repère pour entamer puis clore chaque tour
- Sept allers-retours entre les collines de Safa et Marwa, le long d’al-Mas’a
- Geste de Hajar, en mémoire de la mère d’Ismaïl cherchant de l’eau pour son fils
- Omra possible toute l’année, hors du mois de Dhu al-Hijja pour certains rites du hajj
Origine de l’appellation « al-Masjid al-Haram »
L’expression al-Masjid al-Haram trouve sa source directe dans le Coran, à la sourate 17, verset 1, qui évoque le voyage nocturne du Prophète depuis « la Mosquée Sacrée ». Le terme al-Haram renvoie à l’idée de sacralité et d’inviolabilité : il désigne un espace où la vie humaine, animale et végétale est protégée, et où la violence est prohibée.
On traduit généralement l’appellation par « la Mosquée Sacrée ». L’ensemble du sanctuaire est aussi désigné par al-Haram al-Sharîf, « le noble sanctuaire », une formule qui souligne le caractère éminent du lieu. La Kaaba elle-même y est décrite comme la première maison établie pour les gens, ce qui ancre l’appellation dans une mémoire religieuse très ancienne.
Cette dénomination n’est donc pas qu’un simple nom de lieu : elle rappelle que la Grande Mosquée est un espace mis à part, consacré au culte depuis les origines. Pour le visiteur ou le pèlerin, comprendre cette signification aide à saisir pourquoi le site est entouré d’un respect particulier et de règles propres.
